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Reportages | Tout en finesse!

23/06/2021

Evasion dans les Ardennes, à Ortho, chez Philippe Collignon, alias l’élevage de Roupage. Bien connu dans le monde de l’élevage, Philippe fait partie de ces connaisseurs qui ont une vision acérée du blanc bleu. Tous les animaux pâturent sur la centaine d’hectares qu’entourent la ferme. Quelques laitières sont traites pour nourrir les veaux.

Depuis combien d’années sélectionnes-tu ?

Philippe: « Nous sélectionnons depuis trois générations. Mon oncle, François, avait peu d’animaux mais il se rendait avec toutes ses vaches au différents concours. A son décès, j’ai eu l’opportunité d’acquérir ses animaux dont une bête exceptionnelle. J’ai maintenant beaucoup de descendants de cette origine.
Des souvenirs, j’en ai beaucoup. Une année, on avait été à l’expertise à La Roche et les trois premières vaches avaient été exposées à Libramont, Austine, Orchidée et Myrtille. »

Quelle est ton optique d’élevage ?

Philippe : « J’aime la viande. Il me faut des viandeuses, correctes et fine, dont nous tirons un revenu plus élevé. Quand elles sont fines et correctes, tu as tout! Mais il ne faut pas arriver à des animaux qui ne grandissent pas, avec des mauvaises pattes et des problèmes d’élevage. Il y a une limite à pas franchir. »

Comment réalises-tu tes croisements ?

Philippe : « Je regarde en premier lieu un taureau avec une bonne mère et il faut une bonne mère d’élevage, j’aime encore mieux ça qu’une bête de concours. En deuxième lieu, j’essaie d’améliorer la bête. Puis on regarde une peu à la consanguinité, mais ce n’est pas notre premier critère. Pour le moment, je mets Fly, Brillant, Darko, Esperanto, Dauphin, Futé, Calin et Kalimero. »

Quelles origines se retrouve fréquemment dans ta vacherie ?

Philippe : « J’ai beaucoup mis Shériff, Impérial et Attribut. »

Que penses-tu des concours ?

Philippe : « Il faudrait qu’on choisisse des jurys qui connaissent les bêtes. Je le dis comme je le pense. Il faut prendre des gens compétents et pour savoir si quelqu’un est compétent, il suffit de regarder les bêtes qu’il a chez lui. »

Comment tu vois le BBB dans 15-20 ans ?

Alice : « Je pense que dans le futur, il n’y aura plus beaucoup d’éleveurs parce qu’il n’y a plus beaucoup de jeunes qui ont la patience de le faire, car il faut être minutieux et passionné, ce qui manque de plus en plus. Tout ceux qui ne sont pas passionnés ne feront plus du blanc bleu. Ce sera un petit marché mais cela maintiendra le prix de la viande. Le seul problème qui pourrait se poser est celui de la césarienne, pourtant la bête n’en souffre pas. D’ailleurs beaucoup ruminent pendant la césarienne. »
Philippe : « Il faudra continuer dans le bon sens, des bons aplombs, des bonnes bêtes et avec de la viande. Ceux qui ont mal travaillé avec les blanc bleu voient maintenant ce qu’ils en retirent quand ils vendent une bête. »
Alice : « Avant, il y avait plein de bonnes blanc bleu dans le coin. Il y a quelques années, ils rigolaient tous de nous parce qu’on avait du blanc bleu et qu’ils avaient changé de race mais au final, on a maintenu le cap et on se maintient. »

Ce qu’il manque pour toi dans le BBB ?

Philippe : « Je trouve qu’on devrait regarder au pis des bêtes, qu’elles soient capables d’élever leur veau au pis. On a un peu abandonner ce critère, mais il est important. Une chose importante à laquelle il faut faire absolument attention, c’est le poids des veaux à la naissance. Les gros veaux à la naissance, ce sera une grosse tare dans l’avenir. On veut des gros veaux mais cela n’amène que des misères. J’insiste sur ce point, les poids à la naissance! Les plus grosses pertes que l’on rencontre dans l’élevage sont dues au gros veaux à la naissance. D’ailleurs, je ne suis peut-être pas objectif parce qu’il vient de chez moi, mais Brillant, à la naissance, on l’a installé sur la paille, le vétérinaire a terminé et le veau était debout. Et les veaux sont comme ça aussi, pas trop gros, debout et en avant. Si on ne regarde pas à ça, dans dix ans, c’est fini! »

Ta définition d’un raceur/raceuse ?

Philippe : « Un raceur est le taureau qui fait des veaux identiques. Une raceuse est une vache qui fait quatre veaux en suivant. »

Un taureau et une vache qui ont marqué ton élevage ?

Philippe : « Il y a plusieurs vaches et il y a un taureau : Lasagne, une Galopeur, Voyageuse, une Brûlot, Navette et Sultane. Dans les taureaux, Lagardère dans le temps. »

Un taureau et une vache qui ont marqué la race pour toi ?

Philippe : « Pour les taureaux, Brûlot, Galopeur et Impérial. Maintenant, on va avoir Darko et Futé. Une vache qui m’a marqué le plus, qui remonte à 1978, c’était Poupette. C’était une bête hors du commun, qui avait fait deuxième à Libramont et Bruxelles. Il y a eu Dauphine aussi, qui provenait de chez Lequeux, et qui a fait plusieurs taureaux qui avaient bien reproduit dont Frérot. Elsa du Chenia, évidemment, est celle qui a marqué le plus la race.

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